QUELLE CONTRACEPTION CHOISIR ?

Les choix contraceptifs en Suisse évoluent. La pilule perd du terrain au profit du stérilet. La peur des hormones n’est pas la seule raison. Les priorités changent aussi en fonction de l’âge.

La crise de 2012-2013, qui a mis en lumière les effets secondaires des pilules œstroprogestatives de dernières générations, a changé la donne. Par peur des hormones, beaucoup de jeunes femmes se sont tournées vers les stérilets au cuivre. Certaines ont redécouvert les méthodes dites naturelles, d’autres n’ont rien changé de leur contraception. Une chose est sûre, le paysage contraceptif s’est élargi. Selon le Baromètre santé de 2016, la pilule était supplantée par le stérilet au cuivre chez les plus de 35 ans. De fait, la contraception n’est pas forcément la même à 30, 40 ou 50 ans. Comment choisir la méthode qui vous convient le mieux ? Nos réponses.

À 30 ANS

Abandonner la pilule, ou pas ?

En général, c’est l’âge où la vie professionnelle se stabilise. Et l’envie de fonder une famille commence à se préciser. « Les jeunes femmes veulent une contraception efficace, pratique et pas trop contraignante », dit le Dr Pia de Reilhac, présidente de la Fédération nationale des collèges de gynécologie médicale.

● Vous avez un projet de bébé. Si vous êtes sous pilule et que vous décidez de l’arrêter dans l’espoir de tomber enceinte, n’ayez crainte : la contraception hormonale n’affecte pas la fertilité. « Si vous étiez bien réglée auparavant, avec des ovulations régulières, les cycles repartiront comme avant, dès l’arrêt de la pilule », précise le Dr de Reilhac. Mais, si vous avez plus de 35 ans, votre fertilité commence à baisser. « C’est dû au vieillissement ovarien, pas à la pilule », rappelle la gynécologue.

● Vous l’oubliez souvent. Pour être efficace, la pilule doit être prise tous les jours, de préférence à la même heure. Le stérilet au cuivre est moins contraignant. Dès qu’il est posé – ce qui est possible même chez une femme qui n’a pas eu d’enfant – il n’y a plus besoin d’y penser pendant cinq ans. Autres solutions (toutes hormonales) : l’implant dans le bras (efficace trois ans), le patch (à changer toutes les semaines) ou l’anneau vaginal (à garder trois semaines).

● Vous ne voulez pas d’hormones. Aujourd’hui, 4,6 % des habitantes de Genève de 15 à 49 ans préfèrent les méthodes naturelles (symptothermie, Billings…). Basées sur la température, l’observation du cycle, la surveillance de la glaire et du col de l’utérus, elles sont contraignantes et d’une efficacité relative, car les cycles ne sont pas d’une régularité parfaite d’un mois à l’autre. « Il faut avoir du temps pour les pratiquer de manière rigoureuse et, surtout, se faire conseiller par un médecin ou une sage-femme avant de se lancer », dit le Dr de Reilhac. Pour elle, ce type de contraception concerne plutôt les jeunes femmes en couple, prêtes à assumer une grossesse, en cas d’erreur ou d’échec.

À 40 ANS

Un stérilet avec ou sans hormones ?

Même si la fertilité est en chute, une grossesse est toujours possible. Les femmes lassées de la pilule peuvent préférer le stérilet, sachant que le modèle au cuivre a tendance à donner des règles plus abondantes. C’est parfois gênant en préménopause lorsque les cycles deviennent irréguliers (voir p. 52).

● Vous ne voulez plus avoir de règles. Le stérilet hormonal peut soulager les femmes qui souffrent d’un syndrome prémenstruel avec des maux de tête et des sautes d’humeur, ou celles dont les règles sont très abondantes. Avec ce type de dispositif intra-utérin ou DIU – délivrant en continu un progestatif, le levonorgestrel – le flux sanguin diminue et parfois se tarit. Deux modèles existent : Mirena, qui peut rester en place cinq ans, et Jaydess, à garder trois ans. Ces stérilets sont surveillés de près par l’Agence nationale de sécurité du médicament à la suite de signalements d’effets secondaires : céphalées, dépression, anxiété, acné… Pour Pia de Reilhac, « il existe certainement des signalements justifiés, mais ces effets indésirables sont peu nombreux. Ce qui compte d’abord, c’est le ressenti de la femme. Si elle n’est pas bien sous stérilet hormonal, on le retire. » Il est recommandé de faire le point avec son gynécologue quatre à six semaines après la pose.

● Vous avez certains facteurs de risque. Les femmes qui présentent des facteurs de risque cardiovasculaires (tabagisme, hypertension artérielle, obésité…) doivent avoir une contraception adaptée. Les pilules progestatives et les stérilets avec ou sans hormone n’augmentent pas les risques chez ces femmes, contrairement à la pilule œstroprogestative.

Celle-ci est contre-indiquée en cas d’antécédents de phlébite, d’accident vasculaire cérébral ou d’infarctus.

À 50 ANS

Faut-il encore une contraception ?

Si vos règles ont disparu depuis un an, vous êtes ménopausée et tout risque de grossesse est écarté. Dans la période floue qui précède, il n’y a pas d’urgence à arrêter votre contraception : une grossesse reste possible bien que rare.

● Vous prenez la pilule. Si elle vous convient, vous pouvez attendre jusqu’à l’âge moyen de la ménopause, soit 51-52 ans, avant de l’arrêter définitivement.

● Vous portez un stérilet.

Avec un DIU au cuivre, les règles surviennent naturellement. Il suffit d’attendre leur arrêt complet pour l’ôter. Avec un DIU hormonal, les choses sont plus compliquées puisque ce type de stérilet supprime pratiquement les règles. Le plus simple est d’attendre quelques années avant de l’enlever. Si des bouffées de chaleur surviennent dans cette période, on peut penser que la ménopause s’installe et proposer d’ôter le stérilet sans attendre.
La pilule était utilisée par 36,5 % des femmes en 2016 contre 45 % en 2010.

Source : Baromètre santé 2016.

Le saviez-vous ?

Des chercheurs suédois sont sur la piste d’une contraception sans hormone et sans effets secondaires. Un gel polymère, sous forme de capsule vaginale, empêcherait le col de l’utérus de s’ouvrir pour laisser passer les spermatozoïdes.

LA PILULE, COMMENT ÇA MARCHE ?

La plupart des pilules associent deux hormones : un progestatif et un œstrogène. L’effet contraceptif est dû au progestatif qui agit à trois niveaux : l’ovulation, la glaire cervicale et la muqueuse de l’utérus. L’œstrogène nourrit les muqueuses, notamment l’endomètre, la paroi de l’utérus. À la fin des comprimés actifs d’une plaquette, il n’y a plus d’apport hormonal. N’ayant pas d’ovule fécondé à accueillir, l’endomètre désquame. Il est évacué dans le sang des règles et repousse au cycle suivant.

1. L’ovulation est bloquée au niveau des ovaires.

2. La glaire cervicale s’épaissit. Les spermatozoïdes ne peuvent plus atteindre l’ovule et le féconder.

3. La muqueuse de l’utérus s’amincit. La nidification d’un ovule fécondé devient impossible.