CYSTITES ET MYCOSES COMMENT S’EN DÉBARRASSER

Elles brûlent, elles piquent, elles sont désagréables. Les infections urinaires et les mycoses sont fréquentes.

Une femme sur deux connaît un épisode de cystite au cours de sa vie et 40 % environ ont une mycose vaginale. Ces infections sont le plus souvent sans gravité. Mais dans 1 à 2 % des cas, l’infection urinaire peut se compliquer et atteindre le rein.

COMMENT LES DISTINGUER ?

La cystite est une inflammation de la vessie, due à une infection par un colibacille, Escherichia coli dans 75 à 80 % des cas. La mycose correspond à une infection de la vulve et du vagin, due à la prolifération d’une levure : Candida albicans dans 90 % des cas. Ces germes sont présents dans l’organisme. Ils ne deviennent agressifs que dans certaines circonstances : les déséquilibres hormonaux de la grossesse, la prise d’antibiotiques, l’utilisation de produits antiseptiques pour l’hygiène intime… Dans les deux cas, l’inflammation des muqueuses provoque des irritations et des brûlures, notamment lors du passage de l’urine. Démangeaisons et douleurs persistent en cas de mycose et peuvent se propager jusqu’à l’anus. En revanche, elles ne surviennent qu’au moment de la miction lorsqu’il s’agit d’une infection urinaire. Les brûlures typiques de la cystite s’accompagnent d’envies pressantes d’aller aux toilettes. Bon à savoir : si la cystite n’a pas d’incidence sur les sécrétions vaginales, en cas de mycose, « elles deviennent plus abondantes et plus épaisses, un peu comme du yaourt. Leur couleur et leur odeur changent », dit le Dr Jean-Marc Bohbot, infectiologue. Pour lever le doute, il existe un test simple (MyTest infection urinaire, Mylan) disponible en pharmacie. Quelques gouttes d’urine sur une bandelette réactive donnent un résultat positif en cas de cystite. S’il est négatif, c’est probablement une mycose.

LE PARCOURS DES GERMES RESPONSABLES

L’anatomie féminine, avec des orifices très proches les uns des autres, favorise le passage des germes responsables de cystites ou de mycoses.

1. Escherichia coli, un colibacille à l’origine d’infections urinaires, est présent dans le côlon. À l’occasion de troubles digestifs (diarrhée, constipation…) ou d’un déséquilibre de la flore intestinale, il peut transiter du rectum jusqu’à l’entrée du vagin, tout près de l’orifice urinaire. De là, les bactéries remontent le long de l’urètre vers la vessie.

2. Si l’urine contenue dans la vessie n’est pas assez vidangée, les bactéries s’accumulent et provoquent une inflammation : c’est la cystite. Les colibacilles peuvent aussi migrer vers le rein et déclencher une infection plus grave : la pyélonéphrite.

3. La levure Candida albicans est un hôte habituel du vagin. Un déséquilibre de la flore bactérienne va favoriser sa prolifération. La muqueuse de la vulve et du vagin s’enflamme, d’où la mycose.
LES SYMPTÔMES

Cystite : envies pressantes d’uriner et brûlures lors de la miction.

Mycose : brûlures permanentes et pertes vaginales anormales.

Le saviez-vous ?

Les sécrétions vaginales changent souvent d’aspect. Tout est normal si elles sont fluides, transparentes et que leur odeur n’est pas désagréable. Elles sont plus abondantes en milieu de cycle, lors de l’ovulation. Cette glaire va capturer les spermatozoïdes et les aider à remonter pour féconder un ovule. Des pertes épaisses et blanches avec une odeur de lait caillé évoquent une mycose. Si elles sont jaune-verdâtre, c’est probablement une vaginose bactérienne.