COMMENT SAVOIR SI VOUS ÊTES ENTRÉE EN MÉNOPAUSE ?

Certaines femmes sont ménopausées en quelques mois. D’autres ont des cycles anarchiques qui durent plusieurs années. Il n’est pas toujours facile de s’y retrouver !

On considère qu’une femme est ménopausée lorsque ses règles ont disparu depuis un an. Mais, la période de transition peut être très différente d’une personne à l’autre. « Environ 25 % des femmes entrent très progressivement en ménopause avec des modifications de leurs cycles. Mais la plupart passent le cap très vite, en quelques mois », observe le Dr Jean-Bernard Dubuisson , gynécologue obstétricien à l’institut médical Champel de Genève.

LES OVAIRES CESSENT DE FONCTIONNER

Lors du passage à la ménopause, les ovaires cessent progressivement de fonctionner. Leurs sécrétions hormonales chutent, ce qui perturbe les cycles menstruels, peut provoquer des bouffées de chaleur et dessèche la muqueuse vaginale. Pour une femme sur quatre, les premiers signes apparaissent quatre à cinq ans avant l’arrêt complet des règles. Des autotests urinaires, en vente libre en pharmacie, permettent de doser la FSH (hormone folliculostimulante) dont le taux augmente à la ménopause. Mais les résultats ne sont pas significatifs, tant les sécrétions hormonales varient d’un mois sur l’autre. L’Académie nationale de pharmacie ne nie pas leur utilité, mais souligne leurs limites.

DES CYCLES ANARCHIQUES

Chez une femme, le cycle menstruel dure en moyenne 28 jours. Tout change lors du passage à la ménopause. « Les cycles qui étaient auparavant réguliers se raccourcissent à 21-24 jours, puis s’allongent au-delà de 28 jours, puis s’arrêtent », explique le Pr Jean-Bernard Dubuisson , gynécologue à l’institut médical de Genève. Pendant les règles, les saignements changent, eux aussi, et deviennent plus abondants qu’avant. En revanche, pour les femmes sous pilule, les hormones diffusées vont masquer les signes de la ménopause, puisque les règles surviennent tous les mois.

DES BOUFFÉES DE CHALEUR POSSIBLES

Elles représentent, associées ou non à des sueurs nocturnes, le principal symptôme de la ménopause. Pour une majorité de femmes, le phénomène est désagréable mais supportable. Environ 20 % se disent très gênées au point que leur sommeil et leur vie sociale en sont perturbés.

HUMEUR ET LIBIDO SE MODIFIENT

Près d’une femme sur deux se sent grognon, voire triste ou dépressive dans cette période compliquée. La chute des œstrogènes a une part de responsabilité dans ces troubles de l’humeur qui sont, heureusement, « transitoires », selon le Pr Jean-Bernard Dubuisson . Environ 40 % des femmes se plaignent également d’une libido en berne. Les raisons sont complexes, à la fois psychologiques et hormonales. Une chose est sûre, la sécheresse vaginale, caractéristique à la ménopause, ne facilite pas la sexualité. Que l’on se rassure, de nombreuses solutions existent (voir p. 54).

POURQUOI A-T-ON DES BOUFFÉES DE CHALEUR ?

Cette sensation désagréable survient sans prévenir, de jour comme de nuit. Elle touche le tronc, le visage et le cou et dure quelques minutes. Son mécanisme est lié aux modifications hormonales de la ménopause.

1. L’hypothalamus, cette zone cérébrale chargée de réguler la température du corps (en rose), est perturbé par la chute des œstrogènes. Il envoie à l’organisme des signaux erronés de chaleur.

2. La bouffée est précédée d’une légère hausse de la température corporelle, ce qui déclenche la sudation, un réflexe qui vise à évacuer la chaleur.

3. Sous l’effet de la chaleur, les vaisseaux sanguins se dilatent. D’où la rougeur de la peau.

4. Cette vasodilatation a un effet sur le cœur et peut provoquer son emballement avec, parfois, l’apparition de palpitations.
7 ANS

C’EST LA DURÉE MOYENNE DES BOUFFÉES DE CHALEUR.

65% DES FEMMES

EN RESSENTENT, À DES DEGRÉS DIVERS.

UN TRAITEMENT HORMONAL, POUR QUI ?

Seules 8 % des femmes prennent aujourd’hui un traitement hormonal de la ménopause (THM). Pourtant, les experts du Groupe d’étude sur la ménopause et le vieillissement hormonal estiment qu’environ 20 % pourraient en bénéficier. Pour le Pr Hocké, le THM est particulièrement indiqué « chez les femmes dont la qualité de vie est altérée par des symptômes invalidants. Il concerne également celles qui sont ménopausées avant 45 ans ou qui ont un risque important d’ostéoporose. » Pris par voie percutanée (patch ou gel) pendant moins de cinq ans, le THM n’augmente pas le risque de cancer du sein. Il reste néanmoins contre-indiqué en cas d’antécédents de cancers hormono-dépendants (sein, utérus, ovaires), d’accident vasculaire cérébral ou d’infarctus.